Avant le 7 octobre 2023, le Moyen-Orient se caractérisait par une répartition géopolitique entre une puissance chiite, l’Iran, et une puissance sunnite, l’Arabie saoudite. Cette répartition n’avait pas pour objectif de redessiner les frontières territoriales de la région, comme ce fut le cas en 1916 avec les accords conclus entre M. Sykes, le Britannique, et M. Picot, le Français, mais visait plutôt à délimiter des espaces d’influence. Un espace iranien, dans lequel s’imposait le modèle de l’ordre milicien (les milices de l’État, l’État milicien), et un espace saoudien, où prédominait le modèle de l’autoritarisme, fondé sur la sécurité, la stabilité et le développement économique, mais dépourvu de démocratie[1]. Entre 2003 et 2023, ces deux modèles se sont affrontés de manière particulièrement violente dans tous les domaines : sécurité, militaire, diplomatie et économie, par l’intermédiaire de leurs proxys en Irak, au Liban, en Syrie, au Yémen et même en Palestine. À certains moments, ces confrontations ont atteint directement le territoire national de l’Arabie saoudite et de l’Iran[2].
Cependant, force est de constater que, vingt ans plus tard, les deux pays ont procédé à une révision stratégique et compris qu’aucun d’eux ne pouvait imposer pleinement sa domination sur l’ensemble du Moyen-Orient, tant les obstacles sont nombreux et variés. Ainsi, à la suite de plusieurs rencontres préliminaires organisées à Oman et en Irak, un accord stratégique a été conclu le 10 mars 2023 à Pékin, entre Téhéran et Riyad[3]. Selon cet accord, que je qualifie de pax irano-saoudienne, l’Irak, le Liban, la Syrie, le Yémen et Gaza relèvent de la sphère d’influence du modèle iranien, tandis que les pays du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Sultanat d’Oman, Koweït), l’Égypte, la Jordanie et la Cisjordanie sont rattachés au modèle saoudien. Entre ces deux pôles, on trouvait la Turquie et Israël. Ces deux pays, chacun selon ses propres approches, s’inscrivaient davantage dans la logique saoudienne et ne voyaient pas d’un mauvais œil l’accord conclu entre Téhéran et Riyad. Israël bénéficiait déjà des accords d’Abraham avec une partie du monde arabe[4], tandis que la Turquie avait déjà normalisé ses relations avec l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte[5].
1. Un moment de rupture structurelle
Le 7 octobre 2023, l’ensemble du contexte change radicalement. Ce jour-là, plus de deux mille combattants du Hamas attaquent Israël, massacrent collectivement 1 200 personnes et prennent 250 individus en otage. C’est la première fois, depuis la fondation de l’État d’Israël, que des forces arabes parviennent à mener une guerre sur un territoire administré par Israël. Le choc dépasse l’imagination. L’armée israélienne a besoin de soixante-douze heures pour se réorganiser et se préparer à une guerre totale[6]. Dans la mémoire collective israélienne, le 7 octobre est perçu et conceptualisé comme un second holocauste. Pour beaucoup, ce jour-là, il existait une possibilité que l’État d’Israël, en tant qu’entité politique, population et territoire, disparaisse, et que le récit national israélien s’efface à jamais[7]. Aux yeux des Israéliens, le principal responsable du 7 octobre n’est pas le Hamas, mais la République islamique d’Iran, le Hamas n’étant vu que comme l’exécutant des plans conçus, organisés et décidés par les ayatollahs de Téhéran[8]. En réalité, non seulement il n’existe aucune preuve tangible de l’implication directe de la République islamique dans les opérations du 7 octobre, mais, de surcroît, Téhéran n’avait aucun intérêt à provoquer une guerre régionale qui, selon toute probabilité, l’affaiblirait structurellement et lui ferait perdre une partie importante de sa domination sur le Moyen-Orient.
Toutefois, il est intéressant de constater que, plus que la question de la responsabilité réelle, c’est celle de la désignation par Israël du « concepteur et décideur » qui importe. Autrement dit, la question centrale n’est pas de savoir si l’Iran a été impliqué ou non, mais de savoir si Israël le pense. Et, sur ce point, la réponse israélienne est sans ambiguïté : pour Israël, l’Iran est le premier responsable[9]. Ainsi, le 7 octobre marque la fin d’un monde et la naissance d’un autre au Moyen-Orient. Dans ce nouvel environnement, non seulement l’âge d’or de l’ordre milicien arrive à son terme, mais l’existence même de la République islamique est sérieusement remise en cause. Si, pour l’heure, le régime iranien conserve encore la possibilité de se maintenir, il faut reconnaître que sa domination sur les pays arabes (Irak, Liban, Syrie, Yémen, Palestine) est profondément affaiblie. De plus, ses ambitions en matière d’acquisition de l’arme atomique et de maintien de son arsenal balistique sont gravement compromises[10].
2. Qu’est-ce que l’ordre milicien ?
Avant d’aborder la question du déclin de l’ordre milicien au Moyen-Orient, il convient d’en définir les contours. L’ordre milicien ne saurait être réduit à une simple organisation militaire opérant en marge de l’État. Il s’agit d’un système politico-social complet, articulé autour d’un projet de resocialisation totale. Sa vocation première est d’imposer un mode de vie intégralement façonné par l’idéologie militante, dans lequel aucun domaine – économique, social, culturel ou politique – n’échappe à son influence. Ce projet vise à produire un « homme nouveau », dont la loyauté, la discipline et l’adhésion totale à la cause deviennent les marqueurs identitaires fondamentaux, au point que l’appartenance à la milice prend une dimension existentielle[11]. L’ordre milicien se déploie sur des territoires où l’État est affaibli ou défaillant, profitant des vides de souveraineté pour imposer ses propres règles. Ce phénomène dépasse la logique purement militaire et s’inscrit dans une recomposition plus vaste des modes de gouvernance au Moyen-Orient. Les milices ne se contentent pas de contrôler un espace physique par la force ; elles investissent les institutions publiques, orientent l’économie, redéfinissent les normes sociales et culturelles, et imposent un narratif politique alternatif. Elles construisent ainsi un État parallèle, parfois mieux structuré que l’État officiel, et dans certains cas, un véritable contre-État[12].
L’emprise de l’ordre milicien repose sur une double stratégie. D’une part, il s’appuie sur une intégration organique dans le tissu social, par le biais d’associations caritatives, d’écoles, d’hôpitaux et de structures religieuses. Ces dispositifs servent à renforcer l’adhésion populaire tout en entretenant une dépendance matérielle et symbolique vis-à-vis de l’organisation. D’autre part, il maintient un appareil sécuritaire et militaire capable de dissuader toute contestation interne et de projeter sa force au-delà de ses zones d’implantation. Cette combinaison de pouvoir social et de puissance coercitive crée un écosystème autonome, difficile à démanteler sans une transformation profonde de l’environnement politique et sécuritaire. Historiquement, l’ordre milicien s’est consolidé dans le sillage de conflits prolongés et de crises étatiques chroniques. Le Liban, l’Irak, la Syrie et le Yémen en offrent des exemples emblématiques. Dans chacun de ces contextes, la milice s’érige en garant de la sécurité communautaire face à des menaces réelles ou perçues, tout en tirant profit de la faiblesse de l’État pour élargir son champ d’action. Progressivement, elle devient non seulement un acteur incontournable de la scène sécuritaire, mais aussi un centre de pouvoir économique, diplomatique et idéologique.
Ce modèle, s’il a longtemps permis à des organisations comme le Hezbollah libanais ou le Hachd al-Chaabi irakien d’accroître leur influence, repose sur un équilibre fragile. Il suppose à la fois une tolérance tacite ou un partenariat avec certaines élites étatiques, et un contexte régional où la confrontation armée reste limitée à des phases contenues. Or, les bouleversements récents – en particulier après le 7 octobre 2023 – remettent en cause les fondements mêmes de cet ordre. L’érosion du récit protecteur, la montée des pressions internationales et la transformation du rapport de force militaire obligent désormais les milices à repenser leur modèle, sous peine de voir s’effondrer l’édifice qu’elles ont patiemment construit.
3. De l’ordre milicien à l’ordre étatique ? Une transition incertaine
Après la chute de Bachar el-Assad en Syrie en décembre 2024 et la guerre de douze jours (12 juin au 24 juin) contre la République islamique d’Iran ; qui a entraîné une destruction majeure de son programme nucléaire et de son arsenal balistique, le Hezbollah libanais et le Hachd al-Chaabi irakien sont confrontés à des interrogations aux implications tragiques. Ont-ils compris et intégré la profonde transformation structurelle du Moyen-Orient après le 7 octobre ? Ont-ils saisi que, s’ils ne s’inscrivent pas dans le cadre étatique de leurs pays respectifs, ils signeront leur propre suicide politique et stratégique ? Ont-ils la capacité de modifier leur référentiel en passant d’une loyauté à l’Iran à une appartenance à leur État ?
Pour répondre à ces interrogations, les deux groupes peuvent se référer au récit fondateur qui a longtemps servi à légitimer leur existence. Dans ce récit, leurs armes avaient pour vocation de protéger les intérêts suprêmes de la communauté chiite au Liban et en Irak. Elles incarnaient le rêve de cette communauté : une vie meilleure, la reconstruction des régions, la mise en place de services publics de qualité, une éducation solide pour les nouvelles générations, des infrastructures sanitaires performantes, l’accès à l’emploi et une répartition équitable des richesses[13]. Mais, depuis le 7 octobre, ces armes ne garantissent plus rien de tout cela. Pire, elles ont conduit les zones chiites à davantage de destructions. Au Liban, comme en Irak, leurs territoires sont aujourd’hui fortement exposés à une destruction totale ; destruction que seule l’intervention dissuasive des États-Unis empêche, au moins en Irak et pour l’instant, de se matérialiser[14].Dans ce contexte, le Hezbollah et le Hachd se trouvent face à une épreuve historique : remettre leurs armes à leurs États respectifs, afin de s’intégrer pleinement au champ politique et de mieux servir leur communauté par l’action institutionnelle ; ou conserver des armes désormais incapables de les protéger, que ce soit face à Israël ou, indirectement, face aux États-Unis, et s’engager sur la voie d’un suicide collectif dont la communauté chiite paierait un prix très lourd.
Dans cette épreuve, le Hachd et le Hezbollah doivent choisir entre leur loyauté à l’Iran ; puissance étrangère, non arabe mais chiite, et leur appartenance à l’Irak et au Liban, leurs patries respectives. Devant leurs bases sociales, ils sont sommés de trancher entre un récit idéologique les conduisant à une marginalisation totale et un récit de vérité, tenant compte d’un contexte où la lutte armée ne peut plus atteindre ses objectifs. Ce nouveau contexte pourrait représenter une opportunité exceptionnelle : au lieu d’envoyer leurs militants sur les champs de bataille, ils pourraient, par la normalisation et l’intégration au jeu politique, leur offrir la possibilité de devenir ambassadeurs, ministres, directeurs généraux, professeurs d’université, journalistes ou acteurs de la société civile.
4. Entre intégration, confrontation et fragmentation
La séquence ouverte le 7 octobre 2023 a bouleversé en profondeur les équilibres politiques et sécuritaires du Moyen-Orient. Ce jour-là, l’attaque du Hamas contre Israël, et la réaction israélienne qui s’en est suivie, ont agi comme un révélateur de vulnérabilités longtemps ignorées. Les certitudes stratégiques qui avaient permis à l’ordre milicien pro-iranien de prospérer pendant près de deux décennies se sont fissurées. Pour le Hezbollah libanais comme pour le Hachd irakien, il ne s’agit plus simplement de résister ou de dissuader : la question fondamentale est désormais de savoir comment survivre politiquement et militairement dans un environnement où leur modèle d’action est remis en cause. L’âge d’or de l’ordre milicien, marqué par l’extension de l’influence iranienne à travers un maillage d’organisations politico-militaires, semble toucher à sa fin. La guerre de douze jours contre l’Iran, la chute de Bachar el-Assad en Syrie et la pression croissante exercée par Israël et les États-Unis ont mis en lumière la fragilité d’un système reposant sur la force armée et la loyauté idéologique.
Au Liban comme en Irak, la base sociale chiite perçoit de plus en plus le coût humain, économique et politique de cette stratégie. La promesse protectrice qui avait justifié l’existence des milices s’érode, remplacée par un sentiment d’exposition et de vulnérabilité. Face à cette réalité, plusieurs scénarios peuvent se dessiner. Le premier est celui d’une démilitarisation progressive et d’une intégration politique. Dans ce cadre, le Hezbollah et le Hachd accepteraient de remettre une partie de leurs armes à leurs États respectifs, en échange de garanties politiques et sécuritaires. Ce processus, qui pourrait être soutenu par des médiations régionales ou internationales, viserait à transformer les capacités militaires en capital politique, offrant aux élites miliciennes la possibilité de jouer un rôle institutionnel plutôt que militaire. Ce scénario permettrait de réduire les risques de guerre et de réorienter les ressources vers le développement économique et social[15].
Un second scénario est celui de la confrontation prolongée, marquée par le refus de désarmer et la poursuite de la lutte armée contre Israël ou d’autres adversaires régionaux. Ce choix pourrait s’appuyer sur une mobilisation idéologique renouvelée et un soutien iranien renforcé, mais il exposerait les territoires contrôlés par les milices à des frappes répétées et à une dégradation continue de leurs infrastructures et de leur économie. Sur le long terme, cette voie risque d’accélérer la marginalisation politique des milices et d’alimenter un mécontentement populaire difficile à contenir[16]. Un troisième scénario, intermédiaire, est celui de l’intégration opportuniste. Les milices afficheraient une volonté de participer aux institutions politiques tout en conservant, dans l’ombre, des capacités militaires et des réseaux économiques autonomes. Ce modèle, déjà observé dans l’histoire récente du Liban après les accords de Taëf de 1989, pourrait leur permettre de préserver une influence tout en limitant leur exposition directe aux représailles. Toutefois, il maintiendrait une ambiguïté institutionnelle et freinerait la consolidation de l’État. Les conséquences du 7 octobre, sur l’ensemble du Moyen-Orient en général et sur le Liban en particulier, réduisent cependant considérablement les chances de voir un tel scénario aboutir.
Enfin, un quatrième scénario est celui de la fragmentation interne. Sous la pression militaire, diplomatique et sociale, le Hezbollah et le Hachd pourraient connaître des divisions profondes entre « pragmatiques », favorables à une intégration dans le jeu politique, et « maximalistes », attachés à la lutte armée à tout prix. Cette scission réduirait la cohésion organisationnelle et pourrait provoquer l’émergence de groupes incontrôlables, avec un risque accru de violence diffuse et de criminalisation des activités. Ce scénario paraît plus probable dans le contexte irakien, où le Hachd n’est pas une organisation unifiée, mais plutôt une plateforme regroupant plusieurs groupes ne partageant pas nécessairement un référentiel idéologique et politique commun. À l’inverse, le Hezbollah libanais est une organisation centralisée, structurée autour d’une idéologie directrice, d’un programme commun et d’une appartenance affirmée à la République islamique d’Iran. De ce fait, il pourrait être moins exposé à ce scénario.
Quelle que soit l’option retenue, le contexte post-7 octobre impose aux deux organisations de repenser leur rapport à l’État, à la guerre et à leur base sociale. Les choix qu’elles feront auront des conséquences bien au-delà du Liban et de l’Irak, influençant le contexte régional et le rapport de forces entre l’Iran, Israël et les puissances arabes. Pour leurs communautés, il s’agit moins de conserver un symbole de résistance que de garantir un avenir où sécurité, prospérité et stabilité institutionnelle ne dépendent plus de la survie d’un ordre milicien à bout de souffle.
Conclusion
L’après-7 octobre 2023 a durablement modifié l’environnement géopolitique du Moyen-Orient, fragilisant les piliers qui avaient permis au Hezbollah et au Hachd de prospérer pendant près de deux décennies. Les certitudes qui fondaient l’ordre milicien se sont détériorées, et la capacité de ces organisations à incarner un rempart protecteur pour leurs communautés est désormais sérieusement contestée. Les transformations régionales imposent une révision profonde de leurs stratégies, tant dans leur rapport à l’État que dans leur usage de la force armée. En Irak, le Hachd bénéficie d’un contexte singulier : depuis 2003, la communauté chiite détient le pouvoir à Bagdad et marginalise systématiquement les composantes kurde et sunnite, dont l’influence sur les décisions stratégiques reste aujourd’hui très réduite. Cette position dominante pourrait favoriser une transformation des structures miliciennes en acteurs politiques intégrés, à condition qu’existe une volonté de réforme et que des garanties sécuritaires accompagnent ce processus. Or, cette volonté, à ce jour, n’est pas exprimée ; au contraire, les cadres chiites refusent le désarmement du Hachd et ont même préparé un nouveau projet de loi visant à mieux institutionnaliser cette force, projet catégoriquement rejeté par les États-Unis. La prééminence chiite au sein de l’État irakien constitue ainsi une base solide pour envisager cette mutation, même si elle reste semée d’obstacles internes et régionaux.
Au Liban, la situation est d’une autre nature. Le Hezbollah n’est pas la force dominante de l’État, mais l’une de ses composantes, contrainte de composer avec un système politique confessionnel où coexistent des forces sunnites, chrétiennes, druzes et autres. Cette pluralité réduit sa marge de manœuvre pour imposer une réforme interne qui passerait par une intégration complète à l’appareil étatique. Face à lui, les autres composantes de la société libanaise voient dans son arsenal militaire non pas un outil de protection, mais une menace pour la stabilité et l’indépendance du pays, ce qui rend la perspective d’un compromis durable particulièrement difficile. Dans ce double contexte, irakien et libanais, la question centrale est celle de la capacité de ces milices à redéfinir leur rôle en abandonnant le recours prioritaire à la force armée. Une telle transformation nécessiterait non seulement un changement de doctrine interne, mais aussi un repositionnement vis-à-vis de l’Iran, qui demeure pour elles un allié stratégique, voire un centre de loyauté idéologique. L’affaiblissement de l’Iran sur la scène régionale pourrait, paradoxalement, créer un espace pour un réancrage national, mais aucun signe tangible ne permet, à ce stade, de penser que cette évolution soit réellement envisagée.
Should a process of political integration take place, it could open the way to internal stabilisation and a reduction of regional tensions. In the absence of clear will, however, the risk remains high of continued confrontation or internal fragmentation, with potentially disastrous consequences for social cohesion and security. The choices made by Hezbollah and the Hashd in the coming years will determine not only their own future, but also the political and security balance of a significant part of the Middle East. Si un processus d’intégration politique devait se mettre en place, il pourrait ouvrir la voie à une stabilisation interne et à un apaisement des tensions régionales. En revanche, en l’absence de volonté claire, le risque demeure élevé de voir perdurer la confrontation ou d’assister à une fragmentation interne, avec des conséquences potentiellement désastreuses pour la cohésion sociale et la sécurité. Les choix qui seront faits par le Hezbollah et le Hachd dans les prochaines années détermineront non seulement leur avenir, mais aussi l’équilibre politique et sécuritaire d’une partie importante du Moyen-Orient.
Notes
[1] Simon Mabon, « Saudi Arabia and Iran: The Struggle to Shape the Middle East », Foreign Policy Centre, I.B. Tauris, Londres, Royaume-Uni, 2018, pp. 3-6.
[2] Kenzy Dessouki, « Sectarianism and Geopolitics: The Saudi-Iran Rivalry in Proxy Conflicts », IE International Policy Review, IE University Press, Madrid, Espagne, 2025, pp. 10–29.
[3] Fatima Al-Ahmad, « Révision stratégique entre Riyad et Téhéran : la diplomatie chinoise à Pékin », Revue Internationale et Stratégique (IRSEM), IRSEM, France, 2023.
[4] Fatima Al-Ahmad, « Révision stratégique entre Riyad et Téhéran : la diplomatie chinoise à Pékin », Revue Internationale et Stratégique (IRSEM), IRSEM, France, 2023.
[5] Emre Erdoğan, « Turkey–Saudi Arabia Rapprochement: Strategic Calculations amid Regional Realignments », Middle East Policy, Washington (DC), États-Unis, 2025.
[6] Avraham Russell Shalev, « Hamas’ October 7th Genocide: Legal Analysis and the Weaponisation of Reverse Accusations », Cambridge University Press, Cambridge, Royaume‑Uni, 2025.
[7] Grace Wermenbol, « A Year On, October 7 Reinforces Dueling Narratives Among Israelis and Palestinians », Wilson Center Backgrounder, Washington (DC), États-Unis, 2024.
[8] David P. Goldman, « Iran Viewed as Facilitator of October 7 Hamas Attack, War on the Rocks », War on the Rocks Press, Washington (DC), États-Unis, 2024.
[9] Dan Diker, « Israel Under Fire – Iran’s Involvement in the October 7, 2023 Massacre: From the Shadows to Center Stage », Jerusalem Center for Public Affairs, Israël, 2024.
[10] Michel Duclos, « Iran : guerre des Douze jours, le jour d’après », Institut Montaigne, France, 2025.
[11] Adel Bakawan, « La recomposition du Moyen-Orient : quel avenir pour l’ordre milicien ? », Confluences Méditerranée, France, 2023, pp. 119–133.
[12] Ranj Alaaldin, Federica Saini Fasanotti, Arturo Varvelli, Tarik M. Yousef, The Rise and the Future of Militias in the MENA Region, ISPI – Brookings Doha Center, Milan : Ledizioni LediPublishing, novembre 2019.
[13] These commitments recall the promises articulated by the senior leadership of the Islamic Republic in 1979. At that time, they grounded the meaning of their struggle in ideals such as social justice and the equitable distribution of wealth, which were regarded as central objectives of the revolution. Mohammad Ali Kadivar, “Social Development and Revolution in Iran”, Sociology of Development (University of California, United States), 2022
[14] Following our investigation and interviews with several Iraqi ministers, they informed us that the United States had intervened on multiple occasions to prevent Israel from striking Iraqi infrastructure controlled by pro-Iranian militias, while stressing that this situation could not last indefinitely.
[15] The implementation of this scenario would require a genuine ideological and geopolitical reassessment, both on the part of the groups concerned and of the Islamic Republic of Iran. The objective conditions for such a reassessment do indeed exist, particularly in the post–7 October context. However, it must be acknowledged that neither Hezbollah, nor the Hashd al-Shaabi, nor Iran appear to demonstrate any genuine commitment in this direction.
[16] On 15 August 2025, Hezbollah Secretary-General Naim Qassem stated that his group would not hand over its weapons to the Lebanese state and that, should the government pursue such a course, it would bear responsibility for triggering a civil war that could bring about the very end of Lebanon’s existence. “Lebanon will have no life if you choose to stand on the other side,” he warned (L’Orient-Le Jour, 15 August 2025). On the same day, Iraqi Hezbollah issued a statement expressing not only its full support for the position of Lebanese Hezbollah, but also its categorical rejection of the disarmament of Iraqi militias, describing its weapons as “the resistance of dignity.” “Iraqi Hezbollah confirms its rejection of the disarmament of the resistance groups” (in Arabic), Al-Arabiya, 15 August 2025.



