Introduction
L’Irak et la Syrie ont récemment conclu à Washington un accord visant à remettre en service l’oléoduc Kirkouk–Baniyas.[1] Comme le suggère la phrase « remettre en service », cet oléoduc possède une longue histoire. Que nous apprend cette histoire et dans quelle mesure la situation actuelle diffère-t-elle du passé ? En retraçant l’histoire de cet oléoduc, cet article cherche à éclairer davantage l’accord actuel ainsi que ses perspectives de réussite. Comprendre cet oléoduc est indissociable d’une compréhension plus large de l’histoire des deux pays. Tout au long de leur histoire contemporaine, les relations entre Bagdad et Damas ont été marquées par la méfiance, les désaccords et la rivalité. Malgré leur proximité géographique et les périodes durant lesquelles les deux États étaient gouvernés par des régimes ba’athistes, ils ne sont jamais parvenus à établir un partenariat stable et stratégique. Pendant longtemps, ils ont partagé une idéologie similaire ; loin de les rapprocher, celle-ci a accentué leur éloignement et alimenté la concurrence ainsi que les tensions.[2] L’oléoduc Kirkouk–Baniyas occupe pourtant une place singulière dans leurs relations. Il a souvent été décrit comme un « baromètre » des relations syro-irakiennes.[3] Cette métaphore signifie que toutes les fluctuations de la relation bilatérale — guerres, coups d’État, querelles entre factions du parti, exigences économiques ou rivalités personnelles — se reflètent immédiatement dans le fonctionnement de l’oléoduc.
La tentative actuelle de remise en service de l’oléoduc sera-t-elle différente des précédentes ? En examinant l’histoire, certes limitée mais révélatrice, de cet oléoduc, cet article tente de répondre à cette question.
L’accord actuel
L’initiative actuelle, signée aux États-Unis, est principalement portée par l’envoyé spécial du président américain pour l’Irak et la Syrie, Tom Barrack, et par le nouveau Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, avec le ferme soutien des autorités de transition syriennes dirigées par Ahmed al-Sharaa. Selon Tom Barrack : Au cœur du Moyen-Orient, l’Irak est idéalement placé pour relier la région grâce à une intégration plus poussée avec le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Türkiye, la Syrie, la Jordanie, l’Asie centrale, les Balkans et le Caucase.[4] La remise en service proposée de l’oléoduc s’inscrit dans une stratégie plus large de connectivité régionale visant à relier l’ensemble des régions géographiques mentionnées ci-dessus, tout en faisant de la Türkiye et de la Syrie d’importants pôles de transit énergétique. L’idée centrale de cette nouvelle approche est précisément la connectivité. Dans ce contexte, celle-ci vise à relier l’Irak à ses pays voisins afin de réduire sa dépendance à l’égard de l’Iran. Cette vision émergente d’une connexion entre la Syrie et l’Irak se heurte toutefois à des défis et à l’opposition de plusieurs puissances régionales, notamment l’Iran et Israël, quoique pour des raisons différentes.
La remise en service de l’oléoduc avait déjà été engagée sous l’ancien Premier ministre irakien Mohammed Shia’ al-Sudani, au cours des dernières années du régime d’al-Assad,[5] notamment à la suite des inquiétudes suscitées par une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran. Sous le gouvernement actuel d’Ali al-Zaidi, le projet a pris une importance politique et économique accrue, en raison du besoin urgent pour l’Irak de trouver d’autres voies d’exportation et, plus encore, parce qu’il s’inscrit dans la vision de l’administration américaine actuelle pour la région : mettre un terme au projet régional de l’Iran et renforcer les interconnexions entre les pays de la région. Chaque oléoduc possède sa propre histoire politique, géopolitique et économique, et l’oléoduc Kirkouk–Baniyas ne fait pas exception. Les oléoducs constituent le segment « intermédiaire » (midstream) du secteur énergétique, reliant les sites de production en amont aux raffineries, terminaux d’exportation ou marchés finaux situés en aval. Dans des conditions normales de marché, ils bénéficient d’économies d’échelle qui permettent de transporter le pétrole sur de longues distances à un coût moyen relativement faible, tout en améliorant l’efficacité logistique globale. Toutefois, dans le cas de l’oléoduc Kirkouk–Baniyas, une explication purement économique est insuffisante. Son histoire a toujours été déterminée moins par une logique commerciale que par les dynamiques du pouvoir régional et international. Comprendre cette histoire est donc essentiel, non seulement pour retracer les origines de l’oléoduc, mais aussi pour évaluer ses perspectives d’avenir.
Kirkouk–Baniyas : une histoire complexe
L’oléoduc Kirkouk–Baniyas a été construit à la fin des années 1940, après que l’Irak eut cessé d’exporter son pétrole par l’oléoduc Kirkouk–Haïfa.[6] Cet ancien tracé acheminait du pétrole brut vers la Palestine sous mandat britannique jusqu’en 1948, date à laquelle la guerre israélo-arabe et la création de l’État d’Israël mirent fin à son exploitation. Les origines de l’oléoduc Kirkouk–Baniyas étaient donc avant tout géopolitiques plutôt qu’économiques, et cela demeure largement le cas aujourd’hui. L’interaction entre politique énergétique, géopolitique régionale et considérations politiques internes a façonné la stratégie pétrolière de l’Irak tout au long de son histoire contemporaine, tant sur le plan extérieur qu’intérieur. À la suite de la fermeture de la liaison Kirkouk–Haïfa, trouver un nouvel accès à la Méditerranée est devenu une priorité stratégique urgente pour l’Irak. Des négociations avec la Syrie s’engagèrent donc dès le début de l’année 1949. À cette époque, la Syrie était confrontée à de graves difficultés économiques et à une instabilité politique chronique. En mars 1949, le premier coup d’État militaire du pays renversa le gouvernement démocratiquement élu. Mené par Husni al-Za’im, ce coup d’État inaugura une succession d’interventions militaires qui aboutirent finalement à la consolidation du pouvoir par le parti Ba’ath. En juin 1949, le gouvernement syrien accorda à l’Iraq Petroleum Company une concession de soixante-dix ans pour construire et exploiter les infrastructures nécessaires.[7]
Cet accord reflétait le besoin pressant de la Syrie d’obtenir à la fois des approvisionnements énergétiques et des recettes de transit. Les travaux commencèrent en novembre 1950 et, après dix-huit mois de chantier, l’oléoduc entra en service le 16 avril 1952. Le coût total de sa construction s’éleva à 41 millions de dinars irakiens.[8] L’oléoduc connut sa première crise politique majeure en 1955, lorsque la Syrie exigea une augmentation des redevances de transit, des paiements destinés à la sécurité ainsi qu’une compensation supplémentaire pour la protection des infrastructures, y compris des versements aux tribus locales afin de prévenir les actes de sabotage. Cette crise fut suivie par celle de Suez en 1956, au cours de laquelle les forces israéliennes ciblèrent plusieurs stations de pompage situées le long du tracé de l’oléoduc.[9] En 1966, un nouveau coup d’État militaire transforma le paysage politique syrien. Le nouveau gouvernement de Damas réclama une hausse des redevances ainsi qu’une compensation pour ce qu’il considérait comme des années de sous-paiement. L’Iraq Petroleum Company rejeta ces exigences, entraînant une suspension des exportations pendant quatre-vingts jours. Un compromis fut finalement trouvé en 1967, aux termes duquel la compagnie accepta de verser cinq millions de dinars irakiens. Le coup d’État de 1966 marqua également la victoire de l’aile radicale du parti Baas, consacrant officiellement la scission entre les branches syrienne et irakienne du mouvement.[10]
Peu après, la guerre des Six Jours de 1967 transforma profondément la géopolitique régionale de l’énergie. Pour la première fois, les États arabes producteurs de pétrole utilisèrent leurs exportations comme un instrument politique, provoquant des pénuries d’approvisionnement et une forte hausse des prix internationaux. La notion d’« arme pétrolière » fit alors son entrée dans le discours géopolitique.[11] Les exportations de pétrole irakien transitant par la Syrie furent une nouvelle fois suspendues. Les années 1970 se révélèrent tout aussi mouvementées. Après la nationalisation de son industrie pétrolière, l’Irak dut faire face aux exigences syriennes, qui demandaient une augmentation des redevances de transit ainsi que des volumes plus importants de pétrole brut à prix réduit pour sa consommation intérieure. Après la construction de l’oléoduc Kirkouk–Türkiye, Damas exigea en outre de percevoir les mêmes droits de transit qu’Ankara. L’Irak refusa dans un premier temps, ce qui entraîna une nouvelle suspension des exportations. Un bref rapprochement intervint en 1978 à la suite de la visite du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem, qui conduisit à une réévaluation des relations syro-irakiennes. L’une des conséquences concrètes de ce rapprochement fut la reprise des exportations de pétrole irakien vers la Méditerranée via la Syrie. Cette amélioration fut cependant de courte durée. En juillet 1979, le président Ahmad Hassan al-Bakr démissionna, permettant à Saddam Hussein d’accéder au pouvoir. Presque immédiatement, Bagdad accusa le régime ba’athiste syrien de comploter pour renverser le gouvernement irakien.[12]
Les relations entre Saddam Hussein et Hafez al-Assad furent définies moins par des divergences idéologiques que par une rivalité personnelle. Certains chercheurs ont qualifié cette période d’« âge bonapartiste »,[13] afin de souligner la prééminence de régimes fortement personnalisés et d’une méfiance réciproque sur toute forme de coopération institutionnelle. En février 1979, l’Irak finit par accepter les exigences financières de la Syrie et conclut un nouvel accord concernant l’oléoduc. Toutefois, sa mise en œuvre fut suspendue seulement quelques mois plus tard sous la pression de l’Iran.[14] Le déclenchement de la guerre Iran-Irak transforma les exportations pétrolières irakiennes en un objectif militaire stratégique. Téhéran estima que la capacité de l’Irak à financer son effort de guerre dépendait directement de ses capacités d’exportation. Alors que les forces iraniennes évitaient délibérément de viser l’oléoduc irako-turc, la liaison Kirkouk–Baniyas devint l’un de leurs principaux objectifs. L’Iran proposa à la Syrie de fermer définitivement l’oléoduc. Craignant de perdre les revenus du transit, Damas hésita dans un premier temps. Téhéran finit par compenser cette perte grâce à un généreux accord d’approvisionnement en pétrole. Le 8 avril 1982, les deux gouvernements conclurent un accord et l’oléoduc Kirkouk–Baniyas fut définitivement fermé.[15]
Les modèles dominants
L’histoire retracée ci-dessus constitue un corpus d’observations permettant d’identifier des constantes et, par conséquent, de mieux comprendre les défis actuels et futurs. À cet égard, l’histoire de l’oléoduc Kirkouk–Baniyas met en évidence plusieurs caractéristiques structurelles qui, malgré leur évolution au fil du temps, continuent aujourd’hui encore d’influencer ses perspectives. Premièrement, la viabilité de l’oléoduc a toujours dépendu de la stabilité politique de l’Irak et de la Syrie. L’élan actuel en faveur de sa remise en service ne résulte pas d’une convergence soudaine d’intérêts stratégiques de long terme, mais plutôt d’une nécessité géopolitique immédiate, alimentée notamment par les inquiétudes concernant la vulnérabilité des exportations maritimes transitant par le détroit d’Ormuz. Dès lors, toute évolution significative de l’environnement politique ou sécuritaire régional pourrait, une fois encore, remettre en cause la pertinence stratégique du projet. Comme l’observe l’expert en énergie Harry Istepanian : « L’Irak s’empresse de construire plusieurs oléoducs afin de contourner le détroit d’Ormuz, en engageant des milliards de dollars dans les années à venir dans des projets qui pourraient finalement se révéler être des éléphants blancs si les États-Unis et l’Iran parvenaient à un accord durable garantissant la liberté de navigation dans le détroit. »[16]
Cette observation est particulièrement pertinente dans la mesure où les principaux marchés pétroliers de l’Irak se situent en Asie plutôt qu’en Europe. Si les exportations maritimes via le détroit d’Ormuz redevenaient pleinement sûres, la logique économique qui justifie d’importants investissements dans des voies d’exportation alternatives pourrait s’en trouver considérablement affaiblie. Deuxièmement, l’histoire de l’oléoduc montre que les considérations de politique intérieure l’ont souvent emporté sur les impératifs purement économiques. Les gouvernements irakiens et syriens successifs ont à maintes reprises subordonné leur politique énergétique à des différends idéologiques, à des impératifs de survie du régime ou à des rivalités personnelles. Au lieu de servir d’instrument de coopération économique, l’oléoduc est fréquemment devenu un levier de négociation politique. Comme le montre ce bref historique, les divergences idéologiques, les rivalités entre dirigeants et les calculs des régimes ont constamment prévalu sur la logique commerciale. Rien n’indique que ces caractéristiques structurelles aient fondamentalement changé. Troisièmement, les dynamiques géopolitiques continuent d’exercer une influence déterminante sur l’avenir de l’oléoduc. Le Moyen-Orient traverse actuellement l’une des périodes de transformation stratégique les plus profondes de ces dernières décennies. Le tracé proposé traverse des territoires qui demeurent seulement partiellement contrôlés par les gouvernements centraux de Bagdad et de Damas. Historiquement, les dynamiques tribales constituaient la principale préoccupation sécuritaire le long de cet itinéraire. Aujourd’hui, ces difficultés sont aggravées par la présence persistante de cellules résiduelles de l’État islamique (Daech), de groupes armés locaux et de communautés profondément appauvries susceptibles de considérer les infrastructures énergétiques à la fois comme des cibles stratégiques et comme des sources potentielles de revenus.
Quatrièmement, malgré ces contraintes, l’initiative actuelle bénéficie d’un avantage majeur qui faisait défaut aux tentatives précédentes : un solide soutien politique des États-Unis. Selon l’envoyé spécial du président américain, Tom Barrack, le projet s’inscrit dans un paradigme régional plus large actuellement en train d’émerger.[17] Ce nouveau « paradigme » vise à remplacer les rivalités géopolitiques traditionnelles par ce que Tom Barrack appelle des « alliances de connectivité » (connectivity alliances), fondées sur des infrastructures stratégiques reliant la Mésopotamie, le Levant, la Türkiye et le Golfe, sous l’égide politique des États-Unis et avec l’appui d’investissements privés. Dans cette perspective, les nouveaux corridors énergétiques devraient progressivement réduire l’importance stratégique du détroit d’Ormuz. Il convient toutefois de ne pas surestimer cette transformation. Même dans les scénarios les plus optimistes, la construction de nouvelles infrastructures d’exportation nécessiterait plusieurs années avant de modifier de manière substantielle les flux énergétiques régionaux. Cinquièmement, sur le plan régional, cette initiative se heurte également à une opposition importante. L’Iran la considère comme un projet concurrent de sa propre stratégie régionale. Il voit donc dans ce projet un élément d’une stratégie américaine plus vaste visant à limiter son influence régionale et à réduire son levier stratégique sur les exportations énergétiques du Golfe. Aux yeux de Téhéran et de ses partenaires régionaux, l’intégration de l’Irak et de la Syrie dans un réseau d’infrastructures soutenu par les États-Unis remet directement en cause « l’Axe de la Résistance », qui constitue depuis plusieurs décennies le fondement de la stratégie régionale iranienne.
La position d’Israël, autre acteur régional, est plus nuancée. D’un côté, un affaiblissement de l’influence régionale de l’Iran correspond globalement à ses intérêts stratégiques.[18] De l’autre, la restauration du corridor pétrolier Irak–Syrie pourrait compromettre les ambitions israéliennes de devenir un important centre de transit pour les exportations d’énergie du Moyen-Orient vers l’Europe. En outre, une Syrie plus forte et économiquement revitalisée pourrait progressivement remodeler la concurrence énergétique régionale d’une manière qui ne serait pas nécessairement favorable aux intérêts israéliens. Enfin, les milices irakiennes sont susceptibles de s’opposer, à long terme, à la remise en service de l’oléoduc pour deux raisons principales. Premièrement, le projet s’inscrit dans le paradigme plus large de la « connectivité » soutenu par les États-Unis, lequel vise à réduire l’influence régionale de Téhéran en intégrant l’Irak et la Syrie dans des réseaux politiques, économiques et énergétiques alternatifs. Deuxièmement, le fait de placer Bagdad et Damas sous un parrainage américain plus étroit compliquerait la capacité de la Syrie à préserver son alignement stratégique avec le Hezbollah tout en se présentant comme un partenaire fiable de l’architecture énergétique régionale soutenue par Washington. Ces deux objectifs apparaissent de plus en plus difficiles à concilier.
Conclusion
La remise en service de l’oléoduc Kirkouk–Baniyas peut être interprétée comme une prise de conscience tardive des faiblesses de la stratégie irakienne d’exportation pétrolière, longtemps largement dépendante du détroit d’Ormuz. L’oléoduc possède une histoire politique, géopolitique et locale complexe, qui a constamment été façonnée par ces différents facteurs. Tout au long de son histoire, il a reflété la complexité des relations entre l’Irak et la Syrie. Son parcours montre que les dynamiques politiques, géopolitiques, partisanes et même personnelles ont continuellement influencé son fonctionnement. L’absence de séparation entre l’exploitation de l’oléoduc et les autres enjeux politiques a eu pour conséquence un acheminement du pétrole irrégulier et discontinu. Pour que la tentative actuelle de remise en service se distingue des précédentes, il est indispensable d’établir une séparation entre le fonctionnement de l’oléoduc et les autres questions politiques. L’histoire des relations entre l’Irak et la Syrie montre en effet qu’il est presque impossible de gérer une relation bilatérale sans crises ou tensions récurrentes. Pour que cette dissociation de l’oléoduc par rapport aux autres différends devienne une réalité, une stratégie différente de gestion de la relation bilatérale est nécessaire.
Du côté irakien, le pays est dirigé par un nouveau Premier ministre confronté à une crise financière, ce qui rend la continuité des exportations pétrolières particulièrement cruciale. À cela s’ajoute le soutien des États-Unis à cette initiative, un appui qui pourrait s’avérer à la fois une bénédiction et un fardeau. Toutefois, même réunis, ces éléments pourraient ne pas suffire à garantir le succès du projet. Les événements récents [19] — tels que la saisie, à la frontière, d’armes comprenant des missiles à longue portée, des roquettes et des drones dissimulés dans l’un des camions-citernes se dirigeant vers la ville de Baniyas, ou encore le déploiement par l’Irak de milliers de militaires, de membres des forces de sécurité et des Forces de mobilisation populaire (Popular Mobilization Forces) le long de la frontière avec la Syrie — illustrent la fragilité de la relation entre les deux pays et montrent que le risque d’une nouvelle crise demeure imminent.[20] Du côté syrien, l’intérêt pour cette initiative semble plus marqué, le pays ayant un besoin particulièrement pressant d’énergie et de recettes. Néanmoins, des défis importants subsistent, notamment la présence de groupes armés locaux, le manque d’infrastructures et l’incertitude qui continue de peser sur l’avenir du pays. Tout cela rappelle que le passé n’est jamais vraiment révolu. Comme le dit la célèbre formule, « Le passé n’est jamais mort. Il n’est même pas passé. »
Références
[1] US. Dep. of State. Announcement of Cooperation Between the Government of the Republic of Iraq and the Government of the Syrian Arab Republic on the Rehabilitation and Reconstruction of the Iraq-Syria Crude Oil Pipeline. 2026. https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/07/announcement-of-cooperation-between-the-government-of-the-republic-of-iraq-and-the-government-of-the-syrian-arab-republic-on-the-rehabilitation-and-reconstruction-of-the-iraq-syria-crude-oil-pipeline
[2] Rasheed, Amjed Majeed. Syro-Iraqi Relations: The Puzzle of the Perpetual Theory. Doctoral thesis, Durham University. 2017. https://etheses.durham.ac.uk/id/eprint/12046/
[3] Ihsan A. Hijazi, Iraq Abandons Syria Pipeline, New York Times. Dec. 14, 1988. https://www.nytimes.com/1988/12/14/world/iraq-abandons-syria-pipeline.html
[4] Tom Barrack’s Twit. https://x.com/USAMBTurkiye/status/2077107694889054426
[5] Ali Nuraldin. It is time to open the Kirkuk-Baniyas Pipeline. 2023. https://alkhanadeq.com/post/5548/حان-الوقت-لإعادة-خط-كركوك-بانياس-الى-العمل
[6] Demir, I. (2009). The Kirkuk-Haifa pipeline. Uluslararası Hukuk ve Politika, 5(19), 131 – 147. https://unis.asbu.edu.tr/app_files/2025/12/Yayin_Pdf_8946_26ab411d.pdf
[7] Dilshad Oumer. The Kirkuk-Banias pipeline and its impact on Iraqi-Syrian relations (1952-1982). 2025. hgate.net/publication/398536944_The_Kirkuk-Banias_pipeline_and_its_impact_on_Iraqi_-_Syrian_relations_1952-1982.
[8] Dilshad Oumer. The Kirkuk-Banias pipeline and its impact on Iraqi-Syrian relations (2025). gate.net/publication/398536944_The_Kirkuk-Banias_pipeline_and_its_impact_on_Iraqi_-_Syrian_relations_1952-1982
[9] Andrew Tabler. Syria’s Pipeline Dream Meets Hard Realities. Washington Institute, 2026. https://www.washingtoninstitute.org/policy-analysis/syrias-pipeline-dream-meets-hard-realities
[10] Eberhard Kienle’s book, « Ba’th v. Ba’th: The Conflict Between Syria and Iraq 1968–1989, » was published by I.B. Tauris in 1990, on page 35. I.B. Tauris. 1990.
[11] Samantha Gross. The 1967 War and the “oil weapon. » 2017, Brookings. https://www.brookings.edu/articles/the-1967-war-and-the-oil-weapon/
[12] Rasheed, Amjed Majeed. Syro-Iraqi Relations: The Puzzle of the Perpetual Rivalry. Doctoral thesis, Durham University. 2017. https://etheses.durham.ac.uk/id/eprint/12046/
[13] Malik Mufti. Sovereign Creations: Pan-Arabism and Political Order in Syria and Iraq. By Ithaca and London: Cornell University Press, 1996
[14] Ibrahim Hamidi. Saddam to al-Assad: No handshakes. https://en.majalla.com/node/289426/documents-memoirs/saddam-al-assad-no-handshakes
[15] Pierre Razoux. The Iran-Iraq War. 2015. Belknap Press
[16] Harry Istepanian, Twit. https://x.com/harryistepanian/status/2078733275670188379
[17] Tom Barrack Twit: https://x.com/USAMBTurkiye/status/2078151069671055696
[18] Vita Avrahamov. Restoring the Iraq–Syria Oil Pipeline: Regional Strategic Implications. 2016. JISS. https://jiss.org.il/en/avrahamov-restoring-the-iraq-syria-oil-pipeline/#:~:text=The%20pipeline%20connects%20the%20oil,routes%20through%20the%20Persian%20Gulf
[19] Al-Jazeera. Syria seizes advanced weapons it says were bound for Lebanon’s Hezbollah, 2026. https://www.aljazeera.com/news/2026/7/16/syria-seizes-advanced-weapons-it-says-were-bound-for-lebanons-hezbollah
[20] Sky News Arabia 2026 النظاميون والمسلحون… انتشار سوري على الحدود مع العراق https://www.skynewsarabia.com/middle-east/1763361-قوات-نظامية-ومسلحون-انتشار-سوري-الحدود-العراق



