La séquence ouverte par la vague de reconnaissances diplomatiques de ces derniers mois et par l’annonce d’un plan américain en vingt points pour Gaza a déplacé la question palestinienne du registre symbolique vers une dynamique plus opératoire — à condition d’y adosser des leviers tangibles. Le fait qu’une large majorité d’États membres des Nations unies reconnaissent désormais la Palestine, lui consacre une identité politique qui ne peut plus être reléguée à la périphérie du système international. Dans le même temps, la France a aussi franchi le pas de la reconnaissance qu’elle a cherchée à inscrire dans une stratégie de « sanctuarisation » de la solution à deux États. Cette impulsion recompose des coalitions diplomatiques et rouvre des marges d’initiative à l’Europe. Mais elle ne suffit pas, en soi, à produire une souveraineté effective. Le cœur de l’enjeu devient alors de transformer un signal politique puissant en effets réels, malgré l’opposition israélienne sur le terrain, le rôle souvent bloquant des États-Unis au Conseil de sécurité et la fragmentation institutionnelle palestinienne. Plusieurs questions se posent alors dans ce contexte : Est-ce là un simple symbole ou bien le point de départ d’une dynamique irréversible ? Comment cette décision reconfigure-t-elle les équilibres entre Israël, les pays arabes, l’Europe et les États-Unis ? Et surtout, quelles perspectives concrètes ouvre-t-elle pour un peuple dont l’autodétermination reste entravée depuis plus de soixante-quinze ans ?
Une reconnaissance tardive mais historiquement déterminante
Si la reconnaissance intervient « tard », c’est qu’elle a été rendue possible par une confluence d’éléments rarement alignés. L’urgence humanitaire d’abord : après près de deux ans de guerre et plus de 52 000 morts à Gaza selon les chiffres onusiens, la situation a créé un impératif moral et politique difficile à esquiver. La pression des ONG, des avocats et des syndicats a ensuite pesé sur les gouvernements européens : en France, la lettre ouverte de 400 journalistes exigeant la reprise des évacuations, les recours de l’ONG Pour la Justice au Moyen-Orient déposés devant la Cour pénale internationale, les mobilisations syndicales du 14 juin 2025 à Paris ou encore les flottilles humanitaires (comme la Global Sumud) ont contraint l’exécutif à réagir. Cette décision a été annoncée dans un contexte diplomatique d’exception : la 80ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU (susmentionnée), co-organisée par la France et l’Arabie saoudite, au cours de laquelle Emmanuel Macron a déclaré : « Le temps de la paix est venu, car nous sommes à quelques instants de ne plus pouvoir la saisir. » En conditionnant l’ouverture d’une ambassade palestinienne à Paris, à un cessez-le-feu et à la libération des otages, le président français a tenté de sanctuariser la solution à deux États sans apparaître hostile à Israël. Ce positionnement, à mi-chemin entre la fermeté juridique et la prudence politique, marque un tournant historique pour la diplomatie française.
Cette reconnaissance française s’inscrit dans un long cheminement diplomatique, entre solidarité avec Israël, fidélité au droit international et prudence politique. Depuis les années 1970, Paris a alterné gestes symboliques et retenue : ouverture d’un bureau de l’Organisation de Libération de la Palestine en 1975, rencontre Mitterrand-Arafat en 1989, soutien à l’adhésion palestinienne à l’UNESCO (2011) et à l’ONU (2012). Sous Emmanuel Macron, la position française a évolué : d’abord proche de Benyamin Netanyahou et fasciné par « l’esprit entrepreneurial israélien » et peu investi sur le dossier palestinien, le président s’y est engagé à mesure que la guerre de Gaza et la crise humanitaire s’aggravent. Entre la visite d’un poste humanitaire dans le Sinaï, la lettre de Mahmoud Abbas et la pression croissante de l’opinion publique, il a fini par officialiser la reconnaissance afin de concilier principes juridiques et réalités du conflit.
Quelle résonnance dans les sociétés françaises et israéliennes ?
En France, le retentissement fut immédiat. Présenté par l’exécutif comme un geste de cohérence morale, il s’est inscrit dans un climat national tendu, marqué par un niveau d’actes antisémites « historiques » depuis 2023, ravivant les fractures mémorielles et la nécessité pour le gouvernement d’expliquer la différence entre critique du gouvernement israélien et antisémitisme. Si 68 % des Français jugent l’antisémitisme menaçant, 78 % se disaient opposés à une reconnaissance « immédiate et inconditionnelle » de la Palestine, selon un sondage IFOP. Malgré la volonté de l’Élysée d’en faire un acte d’équilibre et d’incarner une ligne européenne lisible, sa décision se heurte donc à une cartographie intérieure fragmentée : exigences sécuritaires, crispations mémorielles, divergences partisanes, et un opinionnalisme volatil où l’adhésion du principe à deux États ne se traduit pas toujours par le soutien à une reconnaissance immédiate.
Dans une société israélienne déjà fragmentée, cette décision a accentué la polarisation entre un camp nationaliste convaincu que la France « récompense » le Hamas, et une majorité d’Israéliens épuisés par la guerre, conscients de leur isolement diplomatique. Les manifestations contre les offensives à Rafah de mai 2024 et les appels à la démission du Premier ministre traduisent une lassitude profonde depuis 2024 : selon un sondage de l’Institut Maariv, plus de 70 % des citoyens jugent la stratégie militaire gouvernementale inefficace, tandis que 74 % souhaitent une sortie de guerre négociée impliquant un retrait progressif de Gaza. La reconnaissance européenne, loin d’être perçue comme une menace militaire, agit plutôt comme un miroir : elle révèle à une partie de la population israélienne le coût croissant de l’isolement international et la fragilité d’un projet national enfermé dans la logique du siège permanent.
Crispation de l’axe Washington – Tel Aviv
Le binôme Washington–Tel Aviv demeure l’architecte des paramètres d’action. La séquence onusienne de septembre 2025 a mis en scène une divergence nette : d’un côté, des capitales européennes désireuses de traduire en acte l’épuisement du processus de paix classique ; de l’autre, un couple américano-israélien replié sur la logique sécuritaire et lesdites « ripostes préventives ». Le 22 septembre 2025, le Washington Post titrait en une : La France défie Trump. Le lendemain, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou montait à la tribune de l’ONU, en possession d’une carte du « Grand Israël » qu’il affichait lors de son discours, accusant Paris de « construire un État palestinien sur le sang des victimes du 7 octobre ». Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël à Paris, ira jusqu’à qualifier Emmanuel Macron « d’agent déstabilisateur au Moyen-Orient ».
Les États-Unis avaient refusé d’accorder un visa à Mahmoud Abbas pour assister à la session plénière de l’ONU du 21 septembre, avant de relancer leur propre « plan pour Gaza » présenté par Donald Trump le 29 septembre. Ce plan en vingt points, visant la reconstruction et un cessez-le-feu supervisé par une coalition arabo-occidentale, a été perçu comme une réponse directe à la reconnaissance onusienne de la Palestine. Toutefois, il reste profondément déséquilibré, imposant des conditions drastiques à la population palestinienne, tout en éludant la question de la souveraineté de l’Etat palestinien. Au niveau du droit international, Washington continue d’invoquer le droit à la légitime défense pour justifier le soutien militaire à Israël. Pourtant, la Cour internationale de Justice (CIJ) rappelle que la défense préventive hors menace imminente n’a aucune base juridique, et que les punitions collectives sont interdites par les Conventions de Genève de 1948[1].
La Commission d’enquête de l’ONU a d’ailleurs conclu le 16 septembre 2025 qu’un génocide avait été commis à Gaza entre octobre 2023 et juillet 2025, constatant que quatre des cinq critères de la Convention de 1948 avaient été remplis. Ainsi, tandis que les États-Unis valident de fait l’impunité israélienne, l’État hébreux se retrouve paradoxalement plus isolé que jamais. Ses relations commerciales avec l’Europe se fragilisent, et plusieurs chancelleries (britannique, espagnole, norvégienne) ont imposé des sanctions individuelles à des ministres comme Itamar Ben-Gvir ou Bezalel Smotrich.
Front commun européen, symbole diplomatique et pression économique ?
Dans ce paysage, l’Union européenne (UE) se découvre un levier souvent sous-estimé : son poids économique. Avec près de 42,6 milliards d’euros d’échanges de biens en 2024, l’UE reste le premier partenaire commercial d’Israël, représentant environ un tiers de son commerce total. Cette position offre à Bruxelles un pouvoir de contrainte tangible. En septembre 2025, la Commission européenne a proposé la suspension partielle des préférences tarifaires accordées à Israël représentant environ 5,8 milliards d’euros d’exportations concernées pour 227 millions de droits additionnels estimés par an. Parallèlement, neuf pays européens — Belgique, Espagne, Finlande, Irlande, Luxembourg, Pologne, Portugal, Slovénie, Suède — ont demandé l’ouverture de travaux pour interdire le commerce avec les colonies. Cette mesure prolongerait la jurisprudence Psagot de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) de 2019, imposant déjà l’étiquetage des produits issus des territoires occupés.
La France, dont le volume d’exportations vers Israël s’élevait à 1,8 milliard de dollars en 2024(COMTRADE), reste exposée dans certains secteurs sensibles : pharmaceutique, haute technologie, biens à double usage… Une politique de contrôles renforcés pourrait être mise en place afin d’assurer la conformité au droit international humanitaire. Ces mesures économiques ne relèvent pas d’une logique punitive, mais incitative, en effet, il s’agit de rendre la poursuite de la colonisation plus coûteuse que son gel économique. L’UE, par ses outils normatifs, pourrait ainsi imposer un lien direct entre le respect des résolutions internationales et l’accès à ses avantages commerciaux.
Sur le terrain, impunité pour Israël
Par une analyse plus empirique, les mois récents ont confirmé la centralité de la colonisation comme instrument de domination territoriale. Le projet E1[2], approuvé le 2 août 2025, symbolise cette stratégie : il s’agit d’une méga parcelle d’environ 12 000 hectares située entre Jérusalem-Est, Ramallah et Bethléem, destinée à relier Jérusalem aux colonies de Cisjordanie par un corridor d’infrastructures et de logements. Ce projet, condamné par 21 pays le 20 août 2025 (dont la France, le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie), créerait une discontinuité territoriale majeure entre le nord et le sud de la Cisjordanie. Les expulsions de familles bédouines à Atallah al-Jahalin, les démolitions d’habitations et la confiscation de terres à Jérusalem-Est illustrent une « gouvernance par l’exception », selon les mots du politologue israélien Oren Yiftachel, qui définit ce projet comme un système où la loi varie selon l’identité et l’appartenance ethnique.
Cette politique viole non seulement la Charte de l’ONU et les résolutions du Conseil de sécurité (notamment 2421 et 3381), mais aussi la Convention de Genève interdisant l’annexion de territoires et le transfert de populations civiles. La Cour Internationale de Justice (CIJ) a déjà jugé illégale la construction du mur de séparation érigé en 2004, et qualifié le régime imposé aux Palestiniens d’« apartheid ». Ainsi, tandis que les chancelleries occidentales évoquent la solution à deux États, Israël poursuit une reconfiguration territoriale irréversible. La reconnaissance de la Palestine prend dès lors la valeur d’un acte de résistance juridique : un moyen de rappeler que le droit international reste le seul garde-fou face à la logique du fait accompli.
La souveraineté en chantier : droit, économie et institutions
Le droit international ne devrait pas être un outil moral, mais un véritable mode d’emploi en relations internationales. La Convention de Montévideo définit quatre critères pour qu’un territoire puisse être reconnu comme un État : une population permanente, un territoire délimité, un gouvernement effectif et la capacité d’entretenir des relations internationales. Sur ces quatre points, la Palestine en remplit deux : elle dispose d’une population, d’institutions administratives (Autorité palestinienne) d’une représentation diplomatique étendue mais pas officielle, et ne contrôle ni ses frontières, ni ses douanes, ni ses ressources hydriques et énergétiques. Les accords d’Oslo I et II et le Protocole de Paris ont créé une union douanière asymétrique dans laquelle Israël collecte les recettes fiscales et en transfère une partie selon sa volonté, provoquant des crises budgétaires à répétition.
Pour construire une souveraineté réelle et sortir de ce cadre obsolète, les économistes Arie Reich et Guy Harpaz recommandent de remplacer l’union douanière par un accord de libre-échange asymétrique, donnant à la Palestine la maîtrise de sa politique commerciale. L’Europe pourrait alors accompagner cette transition en soutenant la création d’une administration douanière indépendante, en facilitant les corridors commerciaux avec la Jordanie et l’Égypte, et en sécurisant les investissements privés par des garanties publiques. Mais la souveraineté économique ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’une légitimité institutionnelle retrouvée. L’Autorité palestinienne souffre d’un déficit d’efficacité et de confiance, tandis que le Hamas tire sa légitimité de la résistance armée. La formation d’un gouvernement d’unité nationale est donc cruciale, et permettrait de restaurer une parole politique commune et de négocier sur des bases claires. Le juriste Omar Dajani a par exemple proposé la mise en place d’une administration internationale transitoire pour superviser cette période, en garantissant une transition graduelle vers la souveraineté.
Une telle architecture, bien que complexe, éviterait l’écueil d’une tutelle étrangère tout en assurant la stabilité et la crédibilité d’un futur État palestinien.
Vers une recomposition des politiques arabes ?
La dynamique régionale est en recomposition prudente. L’Égypte, partenaire historique des négociations, reste un pivot diplomatique essentiel. Le Caire a tracé des lignes rouges :
- Refus de tout déplacement forcé de Palestiniens vers le Sinaï ;
- Dénonciation d’«actes génocidaires »
- Rôle central dans la médiation via les points de passage de Rafah et Kerem Shalom.
En septembre 2025, le président Al-Sissi est allé plus loin, évoquant la possibilité de reconsidérer les accords de Camp David[3] si les opérations israéliennes se poursuivaient. La Jordanie, dont plus de la moitié de la population est d’origine palestinienne, a rappelé son ambassadeur dès 2023 et demeure l’un des États arabes les plus vocaux contre les violations israéliennes. Le Qatar, cible de frappes israéliennes à Doha le 9 septembre 2025, conserve néanmoins son rôle de médiateur privilégié entre le Hamas, Israël et Washington. Dans le Golfe, les Émirats arabes unis, signataires des Accords d’Abraham de 2020, ont haussé le ton à l’ONU, avertissant que toute annexion en Cisjordanie ferait « peser un risque sur la normalisation ». L’Arabie saoudite, de son côté, poursuit un agenda de garanties américaines (défense, nucléaire civil) désormais détaché d’une normalisation immédiate avec Israël, tout en continuant de conditionner ses ouvertures à la question palestinienne.
Ces repositionnements ne traduisent pas une rupture, mais une reconfiguration des rapports de force, ainsi chaque acteur cherche à capitaliser sur la reconnaissance internationale de la Palestine pour renforcer sa légitimité régionale.
Vers une feuille de route européenne pour une souveraineté effective
Près de 70 % des Palestiniens ont moins de trente ans. Cette jeunesse, forgée dans la guerre, la privation et l’humiliation, incarne à la fois une ressource et un risque. Sans horizon politique ni perspectives économiques, elle pourrait devenir la proie des discours radicaux. Mais, orientée vers l’éducation, la santé mentale et la mobilité internationale, elle peut devenir le cœur d’une reconstruction durable.
La France et l’Union européenne disposent de leviers puissants : programmes de bourses, doubles diplômes, réseaux de villes, coopérations universitaires et culturelles. Ces politiques, souvent perçues comme humanitaires, sont en réalité des instruments stratégiques : elles structurent la paix sociale et préparent une future gouvernance locale capable d’incarner la souveraineté reconnue. Au regard des initiatives précédentes, l’Europe pourrait transformer cette reconnaissance politique en un outil structurant articulé autour de cinq volets complémentaires.
- Sur le plan juridique, il s’agirait d’ancrer les références à la Convention de Montévideo et à la qualification d’« apartheid » dans les instruments diplomatiques européens, afin de fournir un fondement clair à l’adoption de sanctions graduées.
- Sur le plan économique, l’Union européenne pourrait initier une sortie progressive du Protocole de Paris et œuvrer à la construction d’un accord de libre-échange asymétrique entre la Palestine et l’UE.
- Sur le plan institutionnel, elle pourrait soutenir la formation d’un gouvernement d’unité nationale et la mise en place d’une administration transitoire sous supervision internationale.
- Sur le plan sécuritaire, il conviendrait de garantir une séquence claire comprenant la libération des otages, le cessez-le-feu, l’accès humanitaire, ainsi que le gel des chantiers de colonisation, le tout sous supervision internationale.
- Sur le plan diplomatique, l’Europe pourrait assumer un levier de conditionnalité incluant la traçabilité des produits, l’exclusion des colonies, des sanctions ciblées et des suspensions sélectives en cas de violations massives.
Dans ce cadre, la France marche sur une ligne de crête : sa reconnaissance lui permet de se replacer au centre du jeu diplomatique onusien, mais l’expose à un paysage intérieur fragmenté. La clarté du discours politique devient alors aussi essentielle que la diplomatie elle-même : il s’agit d’expliquer les normes internationales, de dissocier la critique d’un État de la haine d’un peuple, et de rappeler que la stabilité au Levant constitue un intérêt stratégique pour l’Europe tout entière, et pour la France surtout.
Un passage de symbole au réel ?
Ce qui se joue aujourd’hui dépasse la Palestine. La reconnaissance n’est plus un simple geste moral, mais un test de crédibilité pour le système international. Elle réordonne l’agenda, rebat la carte des alliances et force les puissances à choisir entre la rhétorique du droit et la pratique du rapport de force. Si l’Europe et la France parviennent à transformer cette impulsion en stratégie, alors la solution à deux États pourrait redevenir opératoire.
Le marché unique européen, souvent perçu comme un instrument économique, peut devenir un outil géopolitique. En conditionnant ses avantages au respect des droits humains et du droit international, il imposerait une logique d’équilibre là où règne l’asymétrie.
Ainsi, la reconnaissance de l’État palestinien ne doit pas être un aboutissement, mais un début : celui d’une souveraineté à construire, d’un État à consolider et d’un ordre international à refonder autour du droit et de la dignité humaine. Comme le rappelait le juriste tunisien Yadh Ben Achour, « le droit n’est pas seulement un instrument, il est la voix par laquelle l’humanité cherche à échapper à la souffrance ». La reconnaissance de la Palestine, si elle s’accompagne d’actes concrets, pourrait enfin redonner un sens à cette voix.
Notes
[1] Killing members of the group (1) – Causing serious bodily or mental harm to members of the group (2) – Deliberately inflicting on the group conditions of life calculated to bring about its physical destruction in whole or in part (3) – Imposing measures intended to prevent births within the group (4) – Forcibly transferring children of the group to another group (5 — not observed for Israel).
[2] Israeli Plan: A project aimed at connecting the Ma’ale Adumim settlement to East Jerusalem through the construction of thousands of housing units and infrastructure in a strategic area of the West Bank. [Source: France Diplomatie]
[3] Camp David Accords (1978–1979): Established peace between Egypt and Israel, leading to Israel’s withdrawal from the Sinai Peninsula in exchange for Egypt’s recognition of Israel — marking the first peace agreement between an Arab state and Israel.



