Depuis les années 1990, les officiels israéliens n’ont eu de cesse de désigner l’Iran comme « la menace existentielle » pour l’État hébreu, la stabilité du Moyen-Orient et la paix mondiale. En particulier, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a alerté du danger apocalyptique du nucléaire iranien, en des termes hyperboliques à de multiples reprises lors de son parcours politique, déclarant par exemple en 2006 « nous sommes en 1938 et l’Iran est l’Allemagne », en référence à la progression de l’enrichissement de l’uranium iranien. Le discours israélien ne s’est pas limité à du populisme visant un consensus interne au sujet de l’Iran : l’État hébreu a déployé une véritable campagne contre la République islamique au niveau international. Auprès de ses alliés, notamment de la puissance de l’Atlantique (Washington), il a plaidé pour le renforcement des sanctions économiques et a évoqué depuis 2009 la nécessité d’une attaque « préventive » sur les installations nucléaires iraniennes[1].
Les représentations israéliennes sur la République islamique auraient quelque chose « d’irrationnel[2]», selon l’historien Haggai Ram. Le point d’orgue de l’antagonisme israélo-iranien est la mise en œuvre des menaces proférées depuis vingt ans en février 2026, lors de l’agression militaire lancée conjointement avec les États-Unis. Les rhétoriques antagonistes irano-israéliennes masquent bel et bien des stratégies géopolitiques méticuleusement conçues. Cet article tente de mettre en lumière la manière dont s’est construite la représentation israélienne de l’Iran comme ennemi ultime, et son impact sur les dynamiques régionales.
Israël-Iran : d’alliés à ennemis
Des alliés sous le régime du Shah
Les relations israélo-iraniennes n’étaient guère hostiles lors du règne du Shah Mohammed Reza Pahlavi (1941-1979). Elles avaient pris la forme d’un partenariat stratégique sur trois décennies[3], axé sur la coopération militaro-sécuritaire et économique, couvrant les échanges dans les secteurs agricole et énergétique. L’Iran était conçu par le Premier ministre travailliste David Ben Gourion (1948-1963) comme un État clé du Moyen-Orient, dans le cadre de sa doctrine de la périphérie. En effet, le fondateur de l’État hébreux promouvait l’idée d’un Moyen-Orient pluriel au niveau ethnique et culturel, afin d’endiguer le courant panarabe et les solidarités islamiques en faveur de la cause palestinienne. Il encourageait ainsi les alliances avec les États des confins de la région, à l’instar de la Turquie et de l’Iran, pour faire contrepoids à l’isolement arabe.
L’Iran des Shah Pahlavi était résolument tourné vers le camp occidental, fasciné par son modèle de développement. Les Shah entreprirent de grands chantiers de modernisation, suivant l’exemple turque de Mustafa Kemal Atatürk. Cependant, si leurs réformes ont accompli des avancées notables en matière de développement, leur bilan fut mitigé. En particulier, la révolution blanche de Mohammed Reza, lancée en 1963 pour moderniser l’Iran, notamment sur les plans agricole, de l’éducation et de la santé publiques et des droits des femmes, accompli avec autoritarisme, a bouleversé les rapports sociétaux et économiques. En outre, la gouvernance du Shah était marquée par un élitisme blatant, une forte corruption et une alliance étroite avec les puissances occidentales, attisant l’opposition des franges marxistes, nationales et chiites contre ce qu’elles considéraient comme une ingérence étrangère[4]. L’épisode de l’opération Ajax, menée conjointement par les services secrets britanniques et américains en 1953. Cette action avait pour but de déposer le Premier ministre Mossadegh réélu démocratiquement la même année, qui avait entreprit la nationalisation de la production de pétrole en 1951, jusque-là sous contrôle de l’entreprise britannique Anglo Iranian Oil Company, est un exemple éclairant de l’impérialisme économique exercé par les alliés du Shah.
La coopération avec Israël alimentait la contestation iranienne du pouvoir du Shah. Ce dernier a reconnu l’État hébreu dès 1950, rompant avec la tradition de solidarité islamique envers les Palestiniens. Il tissa des liens étroits avec Tel Aviv par le biais de l’exportation du pétrole iranien en échange du transfert israélien de son savoir-faire militaire. Ainsi, les services secrets israéliens (Le Mossad) contribuèrent à former le Savak, les services de la sécurité intérieure iraniens, notoirement connus pour leur répression violente exercée sur les opposants politiques.
La révolution de 1979, un tournant ?
Le vent de la contestation du régime monarchique iranien a soufflé dès le début de la décennie 1960. En 1963, dans la ville sainte du chiisme Qom, l’ayatollah Khomeini avait prononcé un discours marquant qui posa les germes de sa vision politique tiers-mondiste et islamique-révolutionnaire. Affirmant son opposition aux modèles capitaliste et communiste et son principe de « ni l’Occident, ni l’Orient », il a proposé la voie de l’Islam, appelant à l’union des nations islamiques et au soutien des peuples opprimés. Peu après ce discours, il fut expulsé de l’Iran en 1964[5] et resta exilé jusqu’à son retour triomphal en 1979. Les protestations contre le Shah ont débuté en octobre 1977 et ont atteint leur paroxysme durant l’hiver de l’année 1978, réprimées violemment par les forces souverainistes.
Les représentations israéliennes sur la révolution iranienne sont éclairantes à tout point de vue. Les spécialistes israéliens de l’Iran ont minutieusement suivi les développements des manifestations, mais un changement se produisit dans la narration israélienne dès lors que la popularité de l’Ayatollah Khomeini[6] exilé grandissait, et qu’il apparut qu’il pourrait supplanter le Shah. Éludant le contexte de l’émergence de la révolution iranienne et les aspirations des manifestants, les experts israéliens ont décrit la révolution iranienne sous un prisme réducteur et résolument orientaliste, comme l’expression violente, irrationnelle des masses iraniennes opposées à la modernité, manipulées par des clercs radicaux[7]. De la même manière que les Israéliens ont nié l’existence du nationalisme palestinien, cantonnant la résistance palestinienne à la nature supposément violente et anarchique des Arabes, les révolutionnaires iraniens sont dès lors assimilés à des islamistes régressifs, opposés au Shah, qui fut élevé en « génie de la révolution (moderniste)[8] ». L’historien Haggai Ram voit là les racines de ce qu’il nomme « l’iranophobie[9] » israélienne, qu’il analyse comme le produit d’une « panique morale[10] » révélatrice d’une crise interne au sein de l’État hébreu[11]. Parallèlement à la révolution iranienne, Israël a connu pour la première fois la défaite du Parti travailliste de gauche séculaire au profit du Likoud en 1977, qui forma une coalition gouvernementale composée notamment du parti Haredi Agudat Yisrael, ouvrant la voie à l’émergence des religieux comme force politique. Cette recomposition du paysage politique israélien est notamment due au vote massif des Mizrahim (Juifs orientaux) en faveur des partis de droite nationaliste et religieuse.
Les Mizrahim ont émergé comme force politique et sociale durant la période des années 1970, qui vit la formation du mouvement Black Panthers, composé de Juifs d’ascendance nord-africaine et orientale, réclamant la fin des discriminations subies et une justice sociale à égalité avec les citoyens Ashkénazes (Juifs européens), révélant ainsi le « problème ethnique[12] » qui divise Israël, comme le nomme l’historien Yaron Tsur. Ces deux bouleversements ont secoué les conceptions séculaires et occidentales de l’élite politique ashkénaze. En effet, les fondateurs de l’État hébreu ont forgé leur identité nationale autour du référentiel occidental, c’est-à-dire qu’Israël serait conçu comme une extension de l’Europe au Proche-Orient, une « villa dans la jungle » pour reprendre la formule d’Ehud Barak[13]. En outre de cette nouvelle donne israélienne, la proclamation de la République islamique en avril 1979 a résonné comme une alerte à Tel Aviv. Le rejet radical du nouveau régime iranien est à comprendre, sur le plan socio-psychologique, comme une affirmation de l’identité séculaire et occidentale israélienne, opposée d’une part à la promotion des valeurs religieuses, vues comme rétrogrades et d’autre part, comme une opposition aux cultures orientales des Mizrahim, qui évoque celle des « ennemis arabes ».
Cependant, durant les années 1980, Israël ne perçoit pas encore l’Iran comme une menace existentielle, malgré la posture anti-sioniste et la rhétorique belliqueuse des officiels iraniens. La République islamique, a retiré sa reconnaissance de l’État hébreu dès 1979, qualifié de « Petit Satan », remplaçant aussitôt le bureau économique israélien par une représentation diplomatique palestinienne. Elle a repris le flambeau de la défense de la cause palestinienne, conçue comme une cause islamique, en recevant Yasser Arafat la même année, alors dirigeant de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) comme première personnalité politique étrangère. Mais si Téhéran est considérée par les officiels israéliens comme une Medinah Metorefet (État fou[14]), c’est l’Irak de Saddam Hussein qui inquiète stratégiquement Israël. Ainsi, Tel Aviv a soutenu subrepticement Téhéran lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), dans le but d’affaiblir l’armée irakienne, la plus puissante du monde arabe, en lui livrant des armements de manière détournée. L’Iran de Khomeini, malgré sa rhétorique antisioniste, a poursuivi dans une optique pragmatique les schémas antérieurs des relations irano-israéliennes en continuant ses livraisons de pétrole à Israël.
La construction de l’Iran en menace existentielle et régionale
Le nucléaire iranien, une crainte de surface ?
Plusieurs évènements vont faire émerger l’image de l’Iran comme ennemi existentiel d’Israël. C’est la reprise du programme nucléaire iranien, officiellement relancé en 1984 et les ambitions régionales d’exportation de la révolution iranienne, qui ont pris la forme de soutien à des groupes armés et du déploiement d’une stratégie de soft power prosélyte et révolutionnaire visant les États et les diasporas islamiques, couplées à l’affaiblissement de l’Irak suite à la guerre du Golfe (1990-1991) et à la légitimation de l’OLP comme acteur politique lors de la signature des accords d’Oslo de 1993. Sur le plan militaire et sécuritaire, la question nucléaire et balistique est une crainte stratégique, partagée par les monarchies sunnites du Golfe. Les officiels israéliens ont affirmé disposer de preuves concernant les activités militaires du nucléaire iranien à plusieurs reprises, alertant que l’Iran ne tarderait pas à disposer de l’arme nucléaire dès 1995[15], ce que l’intelligentsia américaine a constamment démenti. La République islamique s’est défendue de développer un programme nucléaire à usage militaire, affirmant qu’il était de nature strictement civil. Cependant, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lui a reproché son manque de transparence au cours des années 2000 et lors de son rapport de 2025, l’AIEA affirmait que l’Iran était un État du seuil nucléaire, disposant de 60% d’uranium enrichi.
En réalité, la principale crainte d’Israël semble être de ne plus disposer du monopole régional de l’arme nucléaire. Développé discrètement dès 1956 grâce à une coopération française puis anglaise, le programme militaire nucléaire de l’État hébreu est révélé au grand jour en 1986 par la presse britannique, suivant les informations du lanceur d’alerte Mordechai Vanunu. Ce technicien israélien de la centrale nucléaire de Dimona fut ensuite emprisonné pendant 18 ans par les autorités israéliennes pour trahison. Entretenant un silence ambigu sur son arsenal nucléaire, l’État hébreu n’a jamais signé le Traité de non-prolifération (TNT) de 1968. Paradoxalement, il est étonnamment vocal sur le sujet du nucléaire iranien[16]. En exagérant les capacités militaires et l’avancée du programme nucléaire iranien, Israël a encouragé la mise en œuvre de sanctions internationales contre l’Iran et la propagation d’un climat d’angoisse régional sur le péril iranien, présentant Téhéran une menace globale[17].
La vision israélienne de l’Armageddon nucléaire iranien semble être partagée par les administrations républicaines des États-Unis. En 2002, le président G.W Bush avait inclus l’Iran dans « son axe du mal », malgré les tentatives de dialogue sur le nucléaire iranien entamées par le président Khatami, de tendance réformiste, à l’encontre des pays occidentaux et en particulier de Washington. En revanche, sous la présidence d’Obama, les négociations ont abouti à la signature de l’accord de Vienne en 2015, stipulant la levée progressive des sanctions économiques contre l’Iran en contrepartie de la réduction de son programme nucléaire. Toutefois, l’élan de compromis américano-iranien est interrompu en 2017. Le président Donald Trump a repris la terminologie évangéliste de son prédécesseur républicain, déclarant lors de sa visite hautement symbolique à Ryad en mai 2017 que l’Iran était la principale commanditaire du terrorisme et de l’extrémisme régionale, et qu’un combat entre « le bien et le mal » était nécessaire pour la stabilité du Moyen-Orient. Au niveau régional, l’Iran a patiemment tissé la toile de « l’axe de la résistance ». Son soutien aux groupes armés régionaux chiites est opéré par la Force al Qods, la branche extérieure des Gardiens de la Révolution, qui a pour mission le recrutement, l’entraînement, la mobilisation et la fourniture d’armements aux milices. D’abord au Liban, la Force al Qolds s’est déployée en Irak puis en Syrie. L’Iran soutient également le Hamas palestinien et les Houtis yéménites. Toutefois, les liens entre ces groupes armés et Téhéran varient entre allégeance au clergé chiite iranien à des relations plus plastiques et moins encadrées.
Au-delà des considérations militaires bien réelles, l’État hébreu a toujours eu, d’une certaine manière, besoin d’un ennemi existentiel. Ce fut d’abord l’Egypte de Nasser, l’OLP d’Arafat, puis l’Irak de Saddam et enfin l’Iran développant son programme nucléaire et balistique. L’identité israélienne s’est construite autour de l’opposition à l’environnement régional arabe et islamique. La campagne israélienne contre l’Iran sert donc deux objectifs stratégiques. D’abord, celui de détourner l’attention de ses actions contre les Palestiniens. En dressant la République islamique non seulement comme une menace existentielle, mais comme un obstacle à la stabilité et la paix régionales, Israël fait écran à sa politique expansionniste, coloniale et d’apartheid, ainsi qu’à ses crimes de guerres dans les Territoires Palestiniens Occupés(TPO). Ensuite, Israël justifie sa politique sécuritaire, son budget militaire conséquent et ses actions militaires disproportionnées par l’existence d’un ennemi régional souhaitant sa destruction. Ainsi, Israël a pointé la responsabilité directe de l’Iran après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
De plus, la rhétorique anti-israélienne et les crises sociales, économiques et sociétales de l’Iran fournissent un terreau fertile aux narratifs israéliens et américains opposés à l’Iran, car les deux alliés aspirent à un changement de régime de l’intérieur. Le système économique ploutocratique iranien, la répression violente des manifestations récurrentes mais disparate au niveau social et géographique, les restrictions strictes des libertés publiques sont donc instrumentalisés pour « démoniser » l’Iran et justifier son isolement international.
Les craintes de troubles intérieurs des monarchies sunnites
Le plaidoyer israélien contre l’Iran a servi de ciment au rapprochement israélo-arabe. Les monarchies sunnites du Golfe – EAU, Arabie Saoudite et Bahreïn- partagent la vision israélienne du péril iranien. Leurs tensions déjà existantes avec l’Iran se sont accrues au fil des années 2000. En dépit des liens culturels entre les deux rives du Golfe, de la mobilité des populations et des échanges commerciaux, le clivage idéologique et les rivalités de puissance entre l’Iran et les monarchies arabes restent prégnants, alimentant des relations conflictuelles. Des différends territoriaux opposent Abu Dhabi et Téhéran au sujet des trois îles Tumb Al Kubra, Tumb Al Sughra et Abu Musa, contrôlées par l’Iran. Chez plusieurs officiels iranien, Bahreïn – incluse dans l’empire perse plusieurs fois au cours de l’histoire, notamment sous les Safavides – est encore perçu comme une province iranienne et l’indépendance de l’archipel est remise en cause ponctuellement par des déclarations provocatrices. En outre, les monarchies sunnites craignent pour la stabilité de leurs régimes. Le soft power iranien prosélyte, diffusant le courant chiite et la pensée révolutionnaire iranienne font planer la menace de l’émergence de troubles intérieurs parmi la population chiite du Golfe, soupçonnée d’allégeance au clergé iranien. Ces craintes sont précisément partagées par l’Arabie Saoudite, dont près de 10% de la population est chiite, exclue et économiquement brimée, et par Bahreïn, archipel majoritairement chiite gouverné par une monarchie sunnite. En 2004, le roi Abdallah de Jordanie avait formulé ces craintes en évoquant la formation d’un « croissant chiite » au Proche-Orient. Quant au Qatar, il entretient une politique prudente et des relations cordiales avec l’Iran, offrant ses services diplomatiques de médiation et veillant à éviter toute escalade.
Le Maroc, pourtant éloigné géographiquement, a des relations conflictuelles avec l’Iran. La propagation du chiisme est perçue comme une menace pour l’intégrité nationale du royaume sunnite. Des milliers de Marocains, y compris ceux de la diaspora, ont adopté ce courant confessionnel lors des vingt dernières années. Le royaume chérifien est allé jusqu’à rompre ses liens diplomatiques avec l’Iran, entre 2009 et 2014[18], puis à partir de 2018, accusant l’Iran de fournir des armes au Front Polisario via son ambassade en Algérie[19]. Son opposition de plus en plus affichée à l’Iran semble être le résultat de son alignement sur la posture de ses alliés du Golfe et sur la politique israélo-américaine.
Pour contrecarrer les ambitions régionales iraniennes, les monarchies du Golfe ont concouru à la diffusion d’un narratif anti-iranien au Moyen-Orient, par le biais de médias arabes, notamment Al Arabiya de Ryad, véhiculant une image alarmante de l’Iran, présentée comme une république anti-sunnite hérétique. Sur le plan sécuritaire, ils ont intensifié leurs capacités militaires, dans une optique dissuasive, renforçant leur adhésion à l’architecture sécuritaire occidental et encourageant l’ancrage militaire étasunien dans la région. Ainsi, l’antagonisme iranien va servir de tête de proue au rapprochement stratégique de Bahrein, des EAU et du Maroc avec Israël, sous l’égide de l’administration Trump. Le président républicain a forgé dès 2017 une politique moyen-orientale pro-israélienne, fondée sur une alliance transactionnelle tripartite, qui a débouché sur la signature des accords d’Abraham à l’automne 2020. Parmi les objectifs stratégiques des normalisations israélo-arabes, la formation d’un front de sécurité contre l’Iran. Une alliance militaire atlantiste est donc officieusement formée au Moyen-Orient, axée sur la coopération en matière de renseignements, des entraînements communs et l’acquisition de technologies militaires israéliennes.
Conclusion
Les représentations israéliennes sur l’Iran sont révélatrices de crises internes de l’État hébreu au niveau politique et sociétal. La rhétorique de l’État hébreu sur l’Iran, fondée sur des données sécuritaires mais sciemment exagérée, vise à faire diversion sur ses propres politiques palestiniennes et militaires. Cette vision est de plus en plus partagée par les États signataires des accords d’Abraham, dans une optique d’alignement avec les politiques trumpistes au Moyen-Orient. Ainsi, Tel Aviv et Abu Dhabi ont récemment approfondi leur rapprochement sécuritaire, en se dotant d’un fond de défense commun pour contrer les attaques de missiles iraniennes.
Notes
[1] Leslie, Jonathan, Fear and Insecurity, Israel and the Iran Threat Narrative, Oxford University Press, 2022
[2] Ram, Haggai, Iranophobia the logic of an Israeli obsession, Standford University Press, 2009
[3] Leslie, Jonathan, Fear and Insecurity, Israel and the Iran Threat Narrative, Oxford University Press, 2022
[4] Ram, Haggai, Iranophobia the logic of an Israeli obsession, Standford University Press, 2009
[5] Leslie, Jonathan, Fear and Insecurity, Israel and the Iran Threat Narrative, Oxford University Press, 2022
[6] Ram, Haggai, Iranophobia the logic of an Israeli obsession, Standford University Press, 2009
[7] Ibid.
[8] Ibid.
[9] Ibid.
[10] Ibid.
[11] Ibid.
[12] Tsur, Yaron, « « Problème ethnique, Traduction commentée par Yann Scioldo-Zürcher Levi ». L’Atelier du Centre de recherches historiques Revue électronique du CRH, no 26, 2022
[13] Ram, Haggai, Iranophobia the logic of an Israeli obsession, Standford University Press, 2009
[14] Ibid.
[15] Dieudonné, Jérémy, « Guerres et narratifs : comment Israël justifie ses actions à travers la menace iranienne », Le Rubicon, 9 avril 2025
[16] Leslie, Jonathan, Fear and Insecurity, Israel and the Iran Threat Narrative, Oxford University Press, 2022
[17] Ibid.
[18] Officiellement par solidarité envers l’émirat bahreïni, qualifié de 14ème province iranienne en février 2009 par un officiel iranien. Pourtant, aucune des monarchies du Golfe n’avaient pas rompu ses liens avec l’Iran à la suite de cet incident.
[19] Le Maroc n’a pas fourni de preuves de cette accusation, démentie par l’Iran.



