Adel Bakawan, directeur de l’EISMENA, a été invité sur France 24 pour partager son analyse selon laquelle l’échec des actions militaires et diplomatiques a fait entrer le conflit entre les États-Unis et l’Iran dans une troisième phase : la guerre économique. Alors que Washington intensifie la pression sur Téhéran et que l’Iran tire parti des goulets d’étranglement maritimes stratégiques, les conséquences se font sentir dans le monde entier, sans qu’aucun vainqueur ne se dessine clairement.

La prochaine Ceuta n’est pas au Maroc. Elle se forge en Tunisie
Cette analyse examine l’articulation entre recul démocratique, fragilités socio-économiques et dynamiques migratoires en Méditerranée centrale. À partir du cas tunisien, elle avance l’hypothèse que l’affaiblissement des mécanismes institutionnels de correction peut transformer une frustration sociale en désengagement politique, puis en aspiration à la migration. À travers la distinction de Hirschman entre Voice et Exit, la migration est envisagée non seulement comme une réponse économique, mais comme une forme possible de sortie lorsque les voies de transformation politique paraissent limitées. L’analyse examine ensuite l’externalisation européenne des frontières et son paradoxe stratégique : le containment peut réduire les flux sans nécessairement éliminer les causes qui les alimentent. Dans ce contexte, un choc migratoire futur pourrait devenir un événement politique européen et offrir une opportunité supplémentaire aux formations d’extrême droite. Il ne s’agit pas de prédire une nouvelle Ceuta, mais d’identifier le mécanisme susceptible de la produire.
