Comptant près de 52 millions d’habitants, la République du Soudan est l’un des pays les plus diversifiés au monde sur les plans ethnique et linguistique. Sa population, qui parle plus de quatre cents langues et dialectes, se compose d’environ six cents groupes ethniques, aux appartenances religieuses plurielles. Cette diversité révèle une pluralité d’influences : de la Nubie antique aux royaumes chrétiens, en passant par l’islamisation progressive du territoire, l’époque Ottomane et le Soudan mahdiste jusqu’à la a domination coloniale anglo-égyptienne (1899-1956). Frontalier de l’Égypte, le nord du pays est aujourd’hui majoritairement musulman, tandis que le sud, davantage marqué par l’influence britannique, abrite historiquement une élite chrétienne dominante, aux côtés de minorités musulmanes et de populations pratiquant des croyances spirituelles non fondées sur les grandes traditions monothéistes. Au XXᵉ siècle, cela s’est traduit par des conflits armés récurrents, au sein desquels l’ethnicité a été instrumentalisée afin de maintenir des modes de gouvernance spécifiques. Le conflit actuel, éclaté en avril 2023, repose sur une lutte de pouvoir entre deux rivaux militaires et leurs forces armées respectives. La persistance de la violence est en grande partie liée aux appuis internationaux. Attirés par les richesses aurifères du Soudan, des acteurs étrangers s’impliquent indirectement dans le conflit, notamment par la fourniture d’armements en échange d’or. Afin de défendre leurs intérêts dans la région, ils se positionnent aux côtés d’un des belligérants, et, dans certains cas, des deux.

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